Quand on entend le mot “sushi” hors du Japon, on imagine souvent du poisson cru : thon, saumon, crevettes, oursin, œufs de saumon et un chef préparant chaque pièce au comptoir.
Cette image n’est pas fausse. Elle représente une partie importante de la culture du sushi. Mais au Japon, le sushi est beaucoup plus large. Certains types de sushi ne contiennent aucun poisson cru.
L’un des exemples les plus familiers est l’inari sushi.
L’inari sushi est fait de riz vinaigré enveloppé dans du tofu frit sucré. La poche de tofu s’appelle aburaage. Elle est mijotée dans une sauce sucrée-salée, généralement à base de sauce soja, de sucre et de mirin, puis garnie de riz à sushi.
L’extérieur est tendre, sucré et légèrement juteux. À l’intérieur, on trouve simplement du riz vinaigré. Le riz peut rester nature, ou contenir du sésame, de la carotte, des champignons shiitake, de la racine de lotus, de l’algue hijiki ou d’autres petits ingrédients.
Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas cher. Cela n’a pas l’apparence impressionnante d’un morceau de poisson cru posé sur du riz.
Mais c’est bien du sushi.
C’est l’un des aspects intéressants du sushi au Japon. Le sushi ne se définit pas uniquement par le poisson ou les produits de la mer. À la base, il est surtout question de riz vinaigré. L’inari sushi permet de le comprendre très facilement.
On voit rarement l’inari sushi présenté comme la vedette d’un restaurant de sushi haut de gamme. Il n’a généralement pas le même prestige que le thon, l’oursin ou un nigiri préparé avec soin. Pourtant, dans le Japon de tous les jours, il est extrêmement courant.
On en trouve dans les supermarchés, les boutiques de bento, les konbini, les rayons alimentaires des grands magasins, les gares et les aéroports. Il apparaît dans les boîtes-repas, les rayons de plats préparés, les petits repas de voyage et les repas familiaux. C’est le genre de nourriture que l’on achète sans vraiment y penser.
Cette banalité fait partie de son charme.
L’inari sushi est facile à manger. Il se transporte bien. Il coule rarement. On peut le manger avec des baguettes ou à la main. Il convient comme repas léger, accompagnement ou élément d’un bento. Il est aussi pratique pour les personnes qui ne veulent pas de poisson cru.
Il existe également des différences régionales. Dans l’est du Japon, l’inari sushi prend souvent la forme d’une petite poche rectangulaire. Dans l’ouest, notamment autour du Kansai, la forme triangulaire est également courante. Ce ne sont pas des règles absolues, mais elles montrent qu’un aliment quotidien très simple peut changer d’une région à l’autre.
Il existe aussi des versions plus décoratives. Certains inari sushi restent ouverts sur le dessus pour laisser apparaître le riz coloré et les garnitures. Ils peuvent contenir des légumes, des haricots, des pickles, des produits de la mer ou des ingrédients de saison. Leur apparence est plus festive, mais l’idée de base reste la même : du riz dans du tofu frit sucré.
Les photos de cet article montrent deux facettes différentes de l’inari sushi.


La première montre une simple assiette d’inari sushi, sobre et familière, proche de ce que beaucoup de gens pourraient manger chez eux ou acheter au supermarché. L’autre est un bento d’inari sushi que j’ai acheté à l’aéroport et mangé dans l’avion.
Ce bento d’aéroport montre pourquoi l’inari sushi s’intègre si bien à la culture japonaise des repas de voyage. Il est petit, proprement présenté, coloré et facile à manger dans un espace réduit. Ce n’est pas un repas servi dans l’avion : c’est de la nourriture achetée avant l’embarquement et emportée à bord.
Pour moi, cela paraît très japonais d’une manière tout à fait ordinaire.
Le Japon est célèbre pour ses sushi, mais tous ne sont pas une expérience de luxe. Certains sont pratiques. Certains sont bon marché. Certains sont sucrés. Certains ne contiennent aucun poisson cru.
L’inari sushi fait partie de ces aliments du quotidien qui soutiennent discrètement la culture culinaire japonaise. Ce n’est peut-être pas la première image du sushi que l’on a à l’étranger, mais il est profondément familier dans la vie de tous les jours.
Simple, sucré, facile à transporter et ordinaire.
Voilà l’inari sushi.
