Le Japon a quatre saisons.
Cette phrase est si souvent répétée qu’elle en est presque devenue un cliché.
Mais le calendrier traditionnel japonais observe l’année avec bien plus de précision que “printemps, été, automne et hiver”.
Il divise le cycle annuel en 24 termes solaires, appelés 二十四節気 (nijūshi sekki), puis en 72 micro-saisons, appelées 七十二候 (shichijūni kō).
Un terme solaire dure environ quinze jours. Une micro-saison, environ cinq.
L’année ne passe donc pas simplement d’une grande saison à l’autre. Elle progresse à travers des dizaines de petits changements : le réveil des insectes, l’ouverture des fleurs, l’arrivée de certaines pluies, l’affaiblissement de la chaleur et d’autres moments qui cherchent à décrire la transformation du monde naturel.
Sur Ordinary Japan, nous utilisons ce calendrier non comme une collection de jolies phrases qui devraient littéralement se réaliser, mais comme un outil pour regarder le Japon actuel.
Cette ancienne description correspond-elle encore ? Quels aliments sont réellement de saison ? Que se passe-t-il dans les villes ? Comment le climat a-t-il changé ?
- Que sont les 24 termes solaires ?
- Et que sont les 72 micro-saisons ?
- Un ancien calendrier dans un Japon moderne
- La différence entre les 24 termes et les 72 micro-saisons sur Ordinary Japan
- Que signifie « shun » ?
- La météo actuelle ne correspond pas toujours au nom traditionnel
- Les dates demandent une petite explication technique
- Calendrier des 24 termes solaires
- Les 72 micro-saisons
- Articles publiés dans cette série
- Pourquoi suivre un calendrier dont nous n’avons plus « besoin » ?
- Source astronomique
Que sont les 24 termes solaires ?
Les 24 termes solaires divisent le mouvement annuel du Soleil en 24 parties égales. En termes modernes, ils reposent sur la longitude écliptique du Soleil et sont donc liés à l’astronomie, pas simplement à des dates traditionnelles fixes.
Le système s’est développé à l’origine en Chine et a été transmis au Japon il y a des siècles. Le Japon l’a ensuite adapté à ses propres calendriers et pratiques saisonnières.
Certains noms restent aujourd’hui très familiers :
- 立春 Risshun — commencement du printemps
- 春分 Shunbun — équinoxe de printemps
- 夏至 Geshi — solstice d’été
- 立秋 Risshū — commencement de l’automne
- 秋分 Shūbun — équinoxe d’automne
- 冬至 Tōji — solstice d’hiver
D’autres sont moins connus hors des contextes saisonniers, mais continuent d’apparaître dans les calendriers, les informations, les lettres, les produits et les conversations sur la météo.
L’Observatoire astronomique national du Japon publie chaque année les dates et heures de ces 24 termes solaires.
Et que sont les 72 micro-saisons ?
Chacun des 24 termes solaires est traditionnellement divisé en trois périodes, donnant un total de 72.
Chaque micro-saison possède un nom descriptif.
Par exemple :
- 東風解凍 — le vent d’est fait fondre la glace
- 蟄虫啓戸 — les insectes en hibernation sortent de leurs abris
- 桜始開 — les fleurs de cerisier commencent à s’ouvrir
- 蛙始鳴 — les grenouilles commencent à chanter
- 綿柎開 — les capsules de coton s’ouvrent
- 天地始粛 — la chaleur commence à retomber
Ces phrases peuvent sembler extrêmement précises.
La nature réelle ne l’est pas.
Une grenouille ne consulte pas le calendrier avant de chanter. Les cerisiers d’Okinawa, de Tokyo et de Hokkaido ne fleurissent pas en même temps. Une description créée il y a plusieurs siècles peut mal correspondre à un climat urbain moderne qui s’est nettement réchauffé.
Il est donc plus utile de considérer ces phrases comme des questions saisonnières plutôt que comme des prédictions.
Un ancien calendrier dans un Japon moderne
Le Japon actuel ne vit pas selon les 72 micro-saisons.
La plupart des gens seraient incapables de toutes les nommer. Beaucoup ne reconnaîtraient même pas la majorité de leurs noms.
Pourtant, la sensibilité qu’elles représentent reste très vivante.
Les supermarchés changent leurs produits avec la saison. Les konbini lancent des saveurs limitées dans le temps. Les lettres et courriels formels peuvent commencer par des salutations saisonnières. Les émissions de télévision parlent des premières fleurs, de la chaleur persistante, des feuilles d’automne et des premières neiges.
Les gens achètent certains wagashi au printemps, de l’anguille en été, des châtaignes et des patates douces en automne, et des ingrédients de nabe en hiver.
Il n’est pas nécessaire de savoir qu’une date appartient à une micro-saison précise pour vivre dans une culture qui prête beaucoup d’attention aux petites transitions saisonnières.
La différence entre les 24 termes et les 72 micro-saisons sur Ordinary Japan
Dans cette série, nous faisons volontairement une distinction.
Les 24 termes solaires se concentrent principalement sur la saison elle-même.
Comment la lumière change-t-elle ?
Que fait la température ?
À quoi ressemble une ville japonaise à cette période de l’année ?
Comment cette transition se ressent-elle dans la vie moderne ?
Les 72 micro-saisons, en revanche, se prêtent particulièrement bien à l’observation du shun (旬) : les aliments, les produits et les petits signes de saison.
Une micro-saison ne dure qu’environ cinq jours. Elle devient donc une bonne occasion de demander ce qui arrive sur les marchés, ce qui est à son meilleur et ce qui commence à disparaître.
Nous ne prétendons pas que cette distinction soit une règle historique traditionnelle.
C’est notre choix éditorial pour que les deux échelles du calendrier racontent des histoires différentes.
Que signifie « shun » ?
旬 (shun) est souvent traduit par “de saison”, mais l’idée est plus riche qu’une simple étiquette binaire.
Un aliment peut traverser plusieurs phases :
- 走り (hashiri) — les premières arrivées
- 盛り (sakari) — le pic de saison
- 名残 (nagori) — la fin qui persiste encore
Observer la saison ne consiste donc pas seulement à demander “y a-t-il des poires ?”.
On peut aussi demander :
Viennent-elles d’apparaître ?
Sont-elles maintenant à leur meilleur ?
Mangeons-nous les dernières de la saison ?
Ce mouvement transforme un marché, un magasin ou une table en petits calendriers.
La météo actuelle ne correspond pas toujours au nom traditionnel
L’un des aspects les plus intéressants de l’utilisation de ce calendrier aujourd’hui est de rencontrer ses désaccords avec la réalité.
Un terme peut dire que la chaleur baisse alors que Tokyo dépasse encore 34 °C.
Une micro-saison peut décrire un phénomène naturel qui survient plusieurs semaines plus tôt ou plus tard selon la région.
Le changement climatique, les îlots de chaleur urbains et l’évolution de l’agriculture modifient également la relation entre les mots traditionnels et le monde contemporain.
Nous ne considérons pas cela comme un échec du calendrier.
C’est une information.
Si une description vieille de plusieurs siècles ne correspond plus, cette différence nous apprend quelque chose sur le Japon actuel.
En ce sens, les 72 micro-saisons peuvent devenir un moyen inattendu d’observer le changement climatique et la transformation de la vie saisonnière.
Les dates demandent une petite explication technique
Les 24 termes solaires possèdent des points astronomiques bien définis, et l’Observatoire astronomique national du Japon publie leurs dates et heures.
Les 72 micro-saisons sont différentes.
Il n’existe aujourd’hui aucune publication unique et officielle de l’Observatoire astronomique national attribuant une date moderne exacte à chacune des 72 chaque année. Selon les calendriers et publications, une limite peut être décalée d’un jour.
Pour Ordinary Japan, nous dérivons les fenêtres des micro-saisons à partir des repères officiels des termes solaires puis divisons chaque intervalle en trois.
Ainsi, lorsque nous publions une micro-saison, nous présentons ses dates comme le calendrier utilisé par Ordinary Japan, et non comme si le NAOJ avait directement certifié chacun de ces intervalles de cinq jours.
Nous voulons que la série soit belle, mais aussi précise sur l’origine de ses dates.
Calendrier des 24 termes solaires
Voici les 24 termes solaires dans leur ordre annuel traditionnel. Les dates précises varient légèrement selon les années.
Printemps
- 立春 Risshun — Commencement du printemps
- 雨水 Usui — Eau de pluie
- 啓蟄 Keichitsu — Réveil des insectes
- 春分 Shunbun — Équinoxe de printemps
- 清明 Seimei — Pure clarté
- 穀雨 Kokū — Pluie des céréales
Été
- 立夏 Rikka — Commencement de l’été
- 小満 Shōman — Petite plénitude
- 芒種 Bōshu — Graines à barbes
- 夏至 Geshi — Solstice d’été
- 小暑 Shōsho — Petite chaleur
- 大暑 Taisho — Grande chaleur
Automne
- 立秋 Risshū — Commencement de l’automne
- 処暑 Shosho — Fin de la chaleur
- 白露 Hakuro — Rosée blanche
- 秋分 Shūbun — Équinoxe d’automne
- 寒露 Kanro — Rosée froide
- 霜降 Sōkō — Descente du givre
Hiver
- 立冬 Rittō — Commencement de l’hiver
- 小雪 Shōsetsu — Petite neige
- 大雪 Taisetsu — Grande neige
- 冬至 Tōji — Solstice d’hiver
- 小寒 Shōkan — Petit froid
- 大寒 Daikan — Grand froid
Les 72 micro-saisons
La liste complète des 72 noms est beaucoup plus longue, chaque terme solaire en contenant trois.
À mesure que Ordinary Japan publiera les articles individuels, cette page servira d’index pour les parcourir.
Nous ne voulons pas que la liste soit simplement un tableau encyclopédique.
Chaque entrée essaiera de répondre à une question actuelle.
Que se passe-t-il réellement au Japon pendant ces cinq jours ?
Quels aliments sont en hashiri, sakari ou nagori ?
Le nom traditionnel décrit-il encore la météo ?
Que voit une personne en sortant d’une gare, en entrant dans un supermarché ou en traversant un quartier résidentiel ?
Articles publiés dans cette série
Cette liste grandira avec le calendrier.
Pourquoi suivre un calendrier dont nous n’avons plus « besoin » ?
Un téléphone peut donner la température exacte.
Une application météo peut prévoir la pluie heure par heure.
Un supermarché peut vendre des tomates en hiver et des fraises bien avant le printemps.
Nous n’avons pas besoin d’un ancien calendrier pour savoir quand la saison change.
C’est peut-être précisément pour cela qu’il reste utile.
La technologie moderne nous donne une information extrêmement précise. Le calendrier saisonnier nous oblige à regarder.
La lumière du soir a-t-elle changé ?
De nouveaux fruits sont-ils apparus au magasin ?
Les cigales chantent-elles encore ?
La première odeur d’air froid est-elle arrivée le matin ?
Une micro-saison de cinq jours est trop courte pour devenir une grande catégorie climatique.
Mais elle est assez longue pour remarquer quelque chose de petit.
Et Ordinary Japan parle finalement exactement de cela.
Non pas prouver que le Japon moderne vit exactement comme il y a plusieurs siècles.
Mais observer ce qui reste, ce qui a changé et comment une saison continue d’apparaître dans la vie quotidienne même lorsque nous ne faisons plus attention.
Source astronomique
Les dates des 24 termes solaires reposent sur les almanachs publiés par l’Observatoire astronomique national du Japon.
Pour 2026 :
National Astronomical Observatory of Japan — Calendar and Ephemeris
Les dates des 72 micro-saisons utilisées sur Ordinary Japan sont dérivées de ces repères astronomiques et présentées comme le calendrier éditorial d’Ordinary Japan.
